Le plan Hedera Hashgraph, une alternative aux blockchains soutenue par les géants de la Tech
- 21 août 2023
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Dernière mise à jour : 4 mai

En tant qu’amateur de permaculture, j’ai été tout de suite intrigué par ce nom : Hedera Hashgraph. Hedera vient du latin hedera, lié au lierre, cette plante grimpante qui s’attache, s’étend et avance par réseau. L’image est assez parlante pour une technologie qui veut connecter des acteurs, des applications et des usages différents. Tout comme le lierre, Hedera ambitionne peut-être de s’accrocher aux structures existantes et de se répandre largement. L’analogie est jolie, mais elle ne doit pas faire oublier les questions techniques et économiques derrière le projet.
Revenons à nos moutons : Hedera est une technologie de registre distribué, ou DLT, souvent présentée comme une alternative aux blockchains traditionnelles. Le projet s’appuie sur l’algorithme hashgraph, développé à l’origine par Swirlds, et sur le jeton HBAR. HBAR Au lieu d’empiler des blocs comme une blockchain classique, Hedera utilise une structure appelée hashgraph. Les nœuds échangent des informations entre eux selon un mécanisme souvent résumé par “gossip about gossip”, puis le réseau déduit l’ordre des transactions par vote virtuel. L’idée est de permettre une finalité rapide, avec une consommation énergétique bien plus faible que les blockchains en proof-of-work. Cela ne veut pas dire que tout est automatiquement supérieur : c’est une architecture différente, avec ses forces et ses compromis. Une gouvernance par conseil : atout ou limite ? La gouvernance de Hedera est assurée par le Hedera Council, un conseil composé de grandes organisations issues de secteurs variés. On y retrouve, selon les périodes, des entreprises et institutions connues comme Google, IBM, Boeing, Deutsche Telekom, UCL ou d’autres membres internationaux. Ce modèle peut rassurer certains acteurs professionnels, car les décisions sont encadrées et documentées. En revanche, il interroge aussi les personnes attachées à une décentralisation plus ouverte, comme sur Bitcoin ou Ethereum. Il faut donc éviter de présenter Hedera comme une blockchain publique totalement comparable aux réseaux les plus décentralisés. C’est plutôt un registre public gouverné par un conseil, avec une logique plus institutionnelle. Côté jeton, l’offre totale de HBAR est plafonnée à 50 milliards. Les répartitions ont évolué avec le temps et sont suivies dans les rapports de trésorerie de Hedera. Mieux vaut donc éviter les anciens pourcentages trop figés, qui peuvent devenir rapidement faux. Une lecture possible avec Adam Smith Certains aspects de Hedera peuvent être rapprochés, avec prudence, de principes économiques classiques : coordination d’acteurs, spécialisation des services, concurrence entre applications et incitation économique autour du jeton HBAR. Mais la comparaison a ses limites. Hedera n’est pas un marché parfaitement libre et spontané : son modèle repose aussi sur une gouvernance organisée, des membres institutionnels et des règles fixées par le conseil. Des applications possibles
Hedera se positionne sur des usages comme les paiements, la tokenisation, l’identité numérique, la traçabilité, les chaînes d’approvisionnement, la santé, l’Internet des objets ou encore les services nécessitant un horodatage fiable.
Attention toutefois à l’exemple FedNow : il ne faut pas dire que la Réserve fédérale américaine utilise directement Hedera pour FedNow. L’information la plus prudente est de dire que Dropp, un service associé à l’écosystème Hedera, a été mentionné dans l’écosystème des prestataires FedNow. Cela ne signifie pas que FedNow fonctionne sur Hedera. C’est une nuance importante : elle évite de transformer une visibilité indirecte en partenariat officiel.
Hedera et le World Economic Forum Hedera dispose d’une présence dans l’écosystème du World Economic Forum et publie ou apparaît dans certains contenus liés aux technologies émergentes. Là encore, mieux vaut rester précis : une présence ou une participation ne doit pas être présentée comme une validation totale du projet. Une alternative prometteuse, mais à regarder avec recul

Le code et l’écosystème ont aussi évolué vers plus d’ouverture, notamment avec les travaux open source liés à Hedera et au projet Hiero. C’est un point positif pour la transparence, mais cela ne suffit pas à garantir l’adoption ou la valeur future du HBAR. En résumé, Hedera Hashgraph est un projet intéressant pour comprendre une autre manière de concevoir un registre distribué. Il ne faut ni le réduire à une “blockchain de multinationales”, ni le vendre comme une révolution certaine. C’est une piste technologique sérieuse, avec une approche plus institutionnelle que beaucoup de cryptos. À suivre avec curiosité, mais aussi avec la prudence habituelle : dans la crypto, la technique, la gouvernance et l’usage réel comptent davantage que les slogans. Chargement de la vidéo... Cela peut prendre quelques secondes.
























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